Académie de Géopolitique de Paris
ISSN 1963-0867X

Est déclarée auprès du rectorat de Paris, Établissement privé d’enseignement supérieur, régi par
la loi (Art. L.731-2, L.731-3 et L.731-4 du code de l’Éducation), et conformément à l’article L 613-1,
elle est habilitée à décerner les diplômes d’enseignement suivants : le Diplôme de 3ème cycle en
Études Géopolitiques et Géostratégiques ainsi que le Diplôme académique supérieur en Études
Géopolitiques et Géostratégiques (Ph.D). Pour plus d’informations, veuillez consulter
www.strategicsinternational.fr 

Ecole Supérieure de Géopolitique de Paris

Institut International d’Etudes Stratégiques
Etablissement Privé d'Enseignement Supérieur
88, Rue des Entrepreneurs, 75015 Paris
Tél. : 01.48.20.14.89 - Fax : 01.48.20.82.63
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Deuxième semestre  2010

Le Conseil d’Administration:

Ali Rastbeen : Président

Recteur Gérard-François Dumont : Vice-Président

Christophe Réveillard : Secrétaire Général

André Pertuzio : Administrateur, Trésorier 

Géostratégiques

CONSEIL SCIENTIFIQUE :

Jean-Paul BLED
Université Paris IV Sorbonne

Jean-Paul CHARNAY
Directeur de Recherches au CNRS et président à la Sorbon
ne
Centre de la philosophie de la stratégie

Thierry COVILLE
chercheur associé au CNRS, Département Monde Iranien

Recteur Jean-Pierre DOUMENGE
CNRS – Université de Montpellier


François-Georges DREYFUS
université de Paris iV sorbonne

Recteur Gérard-François DUMONT
Université Paris-IV Sorbonne

Hall GARDNER
Université américaine de Paris

Fereydoun A. KHAVAND
Université Paris-V

Yves LACOSTE
Université Paris VIII

le Général (cr) Henri PARIS,
Président de DÉMOCRATIES

COMITÉ DE RÉDACTION :

Christophe RÉVEILLARD
Université Paris IV Sorbonne - Collège interarmées de Défense

Roger TEBIB
Centre d’études de Défense et de Sécurité civile

Mohamed TROUDI
Chercheur à l’Université Paris XII – Val de Marne


CARTOGRAPHIE


Philippe TORRES
Professeur de relations internationales 

CORRESPONDANTS ETRANGERS

Khaled BATARFI
Journaliste –Ecrivain
Djedda –Arabie Saoudite

Abdelhamid BESSAA
Enseignant – Chercheur en Relations Internationales
Institut des Sciences Politiques et des Relations Internationales
Université d’Alger – Algérie

Pieter FOURIE
Enseignant –Chercheur en Etudes Politiques et de Gouvernance
Université de Johannesburg - Johannesburg - Afrique du Sud

Houshang Hassan-Yari
Professeur et Adjoint spécial du Recteur du Collège militaire royal
du Canada pour liaison nationale et internationale - Ontario - Canada

Rasheed KHALID
Professeur de Relations Internationales et d’Etudes Stratégiques
Université Quaid-i-Azam - Islamabad - Pakistan

Ahmed Naghibzadeh
Professeur de Sciences Politiques
Université de Téhéran - Téhéran -Iran

Nathalie OUVAROFF
Journaliste- Reporter
Moscou - Russie

Oliver SCHULZ
Chercheur en Histoire contemporaine
Université de Heinrich Heine - Düsseldorf -Allemagne

DIRECTEUR TECHNIQUE :

M. FERDOSI

RELATIONS Internationales : 
Kouros FARAZIAN
farazian@strategicsinternational.fr


DIRECTEUR DE PUBLICATION:
Ali RASTBEEN

 


Géostratégiques N° 27
Géopolitiques d'Afghanistan 

Prix : 20 Euros 

EDITORIAL : Dangerosités afghanes 
 

Dans les années 1960, l’Afghanistan faisait rêver d’autant plus les jeunes Européens que leurs parents qui venaient d’accéder à la société de consommation pouvaient leur offrir une voiture résistante leur permettant de réaliser le voyage le plus à la mode de l’époque : Paris-Kaboul en vingt et un jours. C’est une fois Ankara dépassée que les problèmes commençaient. Pistes en tôle ondulée, gués à franchir, crevaisons multiples et, plus encore, essence de mauvaise qualité qui manquait souvent dans des stations-service espacées le plus souvent de plusieurs centaines de kilomètres. Paris-Kaboul était devenu ainsi, peu à peu, un périple à la mode, « branché », comme disent les jeunes d’aujourd’hui, et qui permettait de se procurer les délicieux frissons de l’aventure. De fait, à l’exception de ceux qui ne voyaient en Kaboul qu’un tremplin pour aller chercher à Katmandou les ivresses de la drogue, l’Afghanistan apparaissait comme un pays d’autant plus merveilleux qu’il était beau, fascinant par sa rudesse et particulièrement accueillant, d’autant que tous les Afghans sans exception, qu’ils fussent riches ou pauvres, avaient un sens de l’hospitalité qui est celui des populations vivant dans l’équilibre instable mais relativement confortable « homme-nature ».

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Pr. Jacques BARRAT

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Geostrategiques
Janvier 2010 - N° 26

Géopolitiques Japonaises 

Geostrategiques
Octobre 2009 - N° 25

L'Afrique Subsaharienne 

Geostrategiques
Juillet 2009 - N° 24

La Géostratégie de la Russie 

Geostrategiques
Mai 2009 - N° 23

Les enjeux géostratégiques entre les États-Unis et l’Iran 

Geostrategiques
Janvier 2009 - N° 22

le géostrategie des crises au  "Grand Moyen Orient" 

Geostrategiques
November 2008 - N° 21
Quelle Union pour la Méditerranée?

Geostrategiques
Juillet 2008 - N° 20

Les Crises en Europe

Geostrategiques
Avril 2008 - N° 19
L'avenir géostratégique de la puissance indienne

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Dectembre 2007 - N° 18
La crise iranienne : 
mythe ou réalité?

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Septembre 2007 - N° 17
La Chine

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Avril 2007 - N° 16
Les O.N.G.

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Janvier 2007 - N° 15
L'Europe et les crises au Moyen-Orient

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15 novembre 2006 - N°14

Quels avenirs pour l'ONU?

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Juillet 2006 - N°13
La Géosociologie de L'Asie occidentale

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Avril 2006 - N°12

Asie centrale du sud

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Février 2006 - N°11

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Octobre 2005 - N° 9

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Geostrategiques 
Juillet 2005 - N°8

la Politique des Etats de l’Europe et de la Russie au Moyen-Orient

Geostrategiques 
Avril 2005 - N°7

IRAK

Geostrategiques 
Janvier 2005 - N°6

Quel avenir pour le Moyen Orient ?


L’Afghanistan : une situation sans issue 


Les néoconservateurs américains ont été évincés du pouvoir, mais les difficultés
qu’ils ont suscitées pour le monde ne peuvent être résolues facilement. Ces difficultés sont les résultats de la vision particulière du système étatique américain qui, sous le pouvoir des néoconservateurs, avait atteint son paroxysme.
Ce qui justifiait cette vision au lendemain de la Seconde Guerre mondiale était le partage du monde en deux blocs : le communisme et le capitalisme. Dans ce monde bipolaire, tous les moyens étaient utilisés en vue de combattre l’adversaire, il en résulte, à ce jour, les guerres maintenues en Asie du Sud-Est et de l’Est, les guerres ouvertes en Europe, les guerres fratricides spontanées en Afrique et en Asie (1).
Dans des conditions stratégiques déterminées, le bloc de l’Est, démuni des moyens économiques de soutenir la rivalité militaire avec l’Occident, s’est disloqué. Or, la course aux armements s’est poursuivie au sein du bloc occidental, devenant l’axe stratégique des néoconservateurs. Une des armes utilisées par Washington lors de la guerre froide a été la religion : la marine américaine, avec l’aide du Vatican, a empêché la victoire du communisme en Italie, où la CIA, faisant concourir le Pape, a détaché la Pologne du pacte de Varsovie... (2)

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  Ali RASTBEEN


Quelques originalités géopolitiques de l’Afghanistan

Situé entre 29°21’ et 38°30’ de latitude nord et 60°30’ et 75° de longitude est, l’Afghanistan a une superficie de 652 000 km2. Il est bordé au nord par le Turkménistan, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan et la Chine, à l’ouest par l’Iran, au sud et à l’est par le Pakistan. Extrémité orientale du plateau iranien, c’est un pays de montagnes dans sa plus grande partie, puisque seules les régions qui jouxtent l’Amou Daria acceptent des altitudes inférieures à 300 mètres. Les chaînes centrales de l’Hindou-Kouch, derniers contreforts de l’Himalaya, constituent un appareil montagneux qui s’étend sur une longueur de 600 kilomètres du nord-est au sud-ouest. Il divise le pays en Afghanistan septentrional et Afghanistan méridional, formés
de plateaux couverts de sédiments alluviaux apportés des montagnes par une multitude de cours d’eaux.


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Pr. Jacques BARRAT


Afghanistan, un couloir stratégique

L’Afghanistan est un pays à peu près dénué, pour l’instant, de ressources énergétiques et dont la consommation atteint à peine un demi million de tep (tonne équivalent pétrole) annuellement, la consommation d’électricité par habitant étant de 17 kwh/an !

C’est assez dire que les problèmes d’ordre énergétique sont très rapidement analysés. Toutefois, le ministre des Mines a annoncé dès 2008 que d’importantes découvertes d’hydrocarbures avaient été faites à Katawaz dans la province de Pakika dans le Sud-Est du pays et qu’il existerait d’autres possibilités pétrolières ou gazières dans d’autres provinces. Le président Hamid Karzaï a confirmé le 3 février dernier que des ressources pétrolières gazières et minières considérables existaient dans le pays. Cette information résulterait des recherches et études menées depuis 2005 par les Américains à la suite d’un accord avec le US Geological Service et le US Naval Research Laboratory. Aucune confirmation à ce jour n’a cependant été donnée de l’existence de gisements d’hydrocarbures mais, en revanche, le fait est que l’Afghanistan contient une grande quantité de minerais d’importance stratégique.


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André PERTUZIO

 

 


Échec soviétique en Afghanistan

En décembre 1979, l’armée soviétique envahit l’Afghanistan. Elle évacue le pays dix ans après. Ce n’était certes pas la première fois, depuis 1945, que les Soviétiques intervenaient militairement hors de leurs frontières : en font foi les interventions en Hongrie en 1956 et en Tchécoslovaquie en 1968. Cependant, l’intervention soviétique en Afghanistan marque une rupture, en ce sens que c’est la première fois que l’armée soviétique intervient hors des frontières du pacte de Varsovie, délimitant strictement la communauté socialiste de type soviétique. Ce sera d’ailleurs aussi la dernière fois. L’événement est d’une importance capitale, ne serait-ce qu’en vertu de ces considérations. Il l’est tout autant en raison des conséquences qui contribuent fortement, peut-être d’une façon cardinale, à la chute du pacte de Varsovie et de l’URSS.


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Général (cr) Henri PARIS




Afghanistan : une géopolitique des populations « séculière » et « régulière » 


Au moins depuis l’intrusion de l’armée soviétique en 19792, l’histoire géopolitique de l’Afghanistan est particulièrement singulière, puisque ce pays s’est trouvé au coeur de la confrontation Est-Ouest3, puis de la « guerre contre le terrorisme ». Il serait donc loisible de penser que l’Afghanistan présente une exception aux lois de la géopolitique des populations4. Or, il n’en est rien. Pour l’attester, nous allons introduire deux notions, la géopolitique des populations « séculière » et celle « régulière ».

La première, « séculière », concerne tout ce qui, dans les paramètres démographiques de la géopolitique, tient au contexte temporel de la période étudiée. Quant à la géopolitique des populations « régulière », elle concerne tout ce qui, dans les paramètres démographiques de la géopolitique, s’inscrit dans une longue durée au moins pluriséculière.



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Recteur Gérard-François Dumont

 

 

 


Afghanistan: An Ever Widening War?

The September 11, 2001 attacks on the World Trade Center and Pentagon provided Washington a rationale to significantly boost both counter-terrorism and general defense spending. The attacks caused at least $32.5 billion in insured damages and dwarfed all previous acts of anti-state terrorism in the United States, if not in world history, in addition to killing some 3,000 people, plus poisoning many of those exposed to the poisonous fumes.

Despite the fact that much of the world gave immediate support to the United States, the question remains as to whether the American response was truly appropriate. The dilemma is that the Bush administration’s actions in the aftermath of the September 11 attacks possessed no clear goals or exit strategy in either Afghanistan or Iraq. The Bush administration actions confounded “Global War on Terrorism” (counter-terrorism against Al Qaeda) with war on “rogue states” (against the Taliban and then Saddam Hussein). The “Global War on Terrorism” (GWOT) has consequently opened the door to a war without end – a conflict which has recently widened into Pakistan and Yemen, and is indirectly beginning to destabilize Central Asia.

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Hall GARDNER

 

 



Guerre asymétrique d’Afghanistan : vers un échec inéluctable ?

« Le conflit sera gagné par l’adhésion de la population, non par la destruction de l’ennemi1. » Cette redéfinition des buts de guerre en Afghanistan par le général McChrystal, commandant la force de l’OTAN, marque l’impuissance des armées occidentales
face à un ennemi irrégulier. À la lumière de cet échec annoncé, les services de renseignements publics et privés forment dorénavant des outils de compréhension et d’anticipation des crises, mais aussi d’influence politique discrète et efficace. À défaut de pouvoir toujours imposer sa volonté par la puissance des armes
.

« Pour autant qu’ils aient la mobilité, la sécurité, le temps et la doctrine, la victoire reviendra aux insurgés, car les facteurs algébriques sont finalement décisifs et contre eux la perfection des moyens et la lutte des esprits restent vaines2. » Le théoricien et praticien de la guerre insurrectionnelle que fut le colonel Lawrence semble convaincu de l’inéluctable défaite d’une armée régulière face à ces formes de combat déstabilisantes que constitue la guerre asymétrique.


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Chef de bataillon Cyrille CARON


La solidarité tribale entre talibans afghans et pakistanais : enjeu majeur de la guerre d’Afghanistan

Ce que l’on appelle, aujourd’hui, la guerre d’Afghanistan concerne et touche particulièrement un deuxième État, dont l’équilibre – ou le déséquilibre – géopolitique conditionne la paix dans cette région, voire dans le monde, sans exagération aucune. Il s’agit bien évidemment du Pakistan. L’intrusion du Pakistan dans la stratégie américaine de la guerre en Afghanistan complique davantage la compréhension ou plutôt l’incompréhension d’une région déjà difficile en raison de ses enchevêtrements et des liens étroits qui existent entre les combattants talibans le long des frontières entre les deux pays.

En effet, ces liens ont toujours été étroits, ce qui s’explique notamment par une frontière commune particulièrement poreuse. Dès sa création, l’État pakistanais vit une situation de guerre larvée avec son voisin indien, dont il s’est détaché à partir de 1947. Ce rapport conflictuel avec l’Inde a, dès le début, fait envisager l’Afghanistan comme un espace idéal de repli pour le Pakistan, qui ne dispose pas de profondeur stratégique en cas de guerre majeure.



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Mohammad Fadhel TROUDI


L’autre versant de l’Afpak La « bombe islamique » ou le tigre de papier pakistanais

La coalition, engagée en Afghanistan depuis novembre 2001, déplore depuis 2005 une situation qui se détériore fortement. La guerre s’est précocement propagée vers le Pakistan (on parle de la guerre Afpak), où elle avait en fait débuté. Le Pakistan, État artificiel à majorité sunnite, fondé en 1947, possède la bombe atomique depuis 1987 environ, mais ne l’a testée officiellement qu’à l’été 1998. Le « pays des purs » posséderait actuellement entre 20 et 100 têtes nucléaires. Cet « État failli » n’a pas signé le TNP, le TICE et le code de conduite de La Haye sur la prolifération balistique.

En 2009, la progression des talibans vers Islamabad et ses centres nucléaires, par l’intermédiaire du défilé de Kibar, a fait craindre le pire. L’équation « terrorisme + États faillis + prolifération + islamisme = frappe nucléaire » génère des fantasmes logiques, repris par les médias et certains experts, mais finalement peu crédibles. Il convient d’étudier la pertinence de la notion de « bombe islamique » (expression du président Zulfikar Ali Bhutto) et du mystérieux réseau « Khan », cet ingénieur pakistanais accusé d’être à l’origine de la prolifération mondiale, cela à travers un rappel chronologique, technique et diplomatique.


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Mohammad Fadhel TROUDI


La place des partis politiques et des mouvements islamistes en Afghanistan



Dès novembre 2001, une fois acquise, dans des délais particulièrement brefs, la chute politique du régime des taleban, la priorité des États-Unis en Afghanistan a été la réorganisation institutionnelle du pays. Avant la reconstruction des infrastructures,
avant même la création d’un système économique digne de ce nom, tâches urgentes mais de long terme, l’administration américaine s’attacha à doter le pays de nouveaux dirigeants, puis d’une Constitution. Le retour de l’Afghanistan dans le concert des nations devait être prioritairement marqué par la mise en place d’un pouvoir légitime, censé incarner les aspirations de la population libérée de la dictature théologico-politique des taleban. S’appuyant dans un premier temps sur les réseaux traditionnels du pouvoir en Afghanistan, solennellement réunis en Loya Jirga1 dès le début de 2002, les protecteurs américains du nouvel Afghanistan trouvèrent en la personne d’Hamid Karzaï l’une des rares personnalités afghanes susceptibles de correspondre au complexe portrait robot qu’ils avaient élaboré.



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Patrick Dombrowsky


Afghanistan, la nécessité de la réflexion stratégique

Une plaisanterie anecdotique a un temps fait florès dans l’armée française : « C’est par le PowerPoint que l’armée américaine a perdu la guerre en Afghanistan. » Au-delà du caractère définitif qui reste encore à démontrer, cela signifiait bien sûr que, face à des populations et des combattants qui n’ont vraiment connu depuis des décennies qu’une succession de situations de guerre, les meilleures planifications tactiques et stratégiques risquaient bien de buter sur les réalités humaines ancrées au coeur des différents groupes sociaux afghans.

Le traité de Bonn de décembre 2001, qui suivait l’invasion déclenchée le 7 octobre par la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) et la résolution 1378 du Conseil de sécurité de novembre condamnant le régime des talibans, avait ainsi pu prévoir par exemple l’instauration d’une autorité provisoire permettant l’établissement d’un régime démocratique. On peut légitimement se poser la question de savoir quand l’Afghanistan avait pu connaître la démocratie, si le « peuple afghan » la désirait vraiment et si, enfin, une opération militaire étrangère venue l’imposer était la meilleure voie possible à l’enracinement d’un régime déjà si complexe à faire fonctionner. Les dernières élections présidentielles de septembre 2009 sont un commencement de réponse.
 


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C. Réveillard


Les services de renseignements en Afghanistan et dans la région

On peut faire, dans ce domaine, les constatations suivantes :

– La mission première des services de renseignements est surtout de protéger les régimes en place et donc d’acquérir la totale confiance des dirigeants.

– Renseignements militaires et renseignements politiques vont de pair, avec une prééminence donnée aux responsables de l’un ou l’autre service, selon l’histoire du pays.

– Pour les services secrets de chaque pays, les pays frères constituent un pôle d’intérêt important.

– Ajoutons le rôle joué par les exilés politiques, à l’intérieur des communautés immigrées, en particulier en Europe et aux États-Unis.

– Il est évident que les noms des services peuvent changer, mais les structures restent en général les mêmes.


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Roger TEBIB


Les services de renseignements et de sécurité afghans : bref historique

L’Afghanistan d’aujourd’hui est le fruit de trois décennies de guerre, d’anarchie politique, d’absence d’État et d’ingérence étrangère. L’histoire tumultueuse de ce pays n’a pas été sans conséquences sur le fonctionnement et l’image de ses services de renseignements et de sécurité actuels.

Il faut en premier lieu prendre en considération la situation géographique de l’Afghanistan. En effet, le territoire afghan est entouré de six États : le Pakistan, l’Iran, le Turkménistan, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan et la Chine. La plupart d’entre eux connaissent des troubles politiques internes, sont au coeur d’enjeux internationaux ou de pressions diplomatiques fortes. Ils rencontrent donc des difficultés à assurer la sécurité de leur population. Plus encore, certains ont des visées hégémoniques, politiquement ou économiquement parlant. De fait, les relations entre l’Afghanistan et ses voisins sont complexes.

Cette situation géopolitique impose à l’État afghan d’avoir des services de renseignements et de sécurité performants. Au cours de ces trente dernières années, le système de renseignements a d’ailleurs dû être réorganisé à plusieurs reprises.



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Coline FERRO


La position et les initiatives de la République d’Ouzbékistan visant au règlement du problème afghan

Les questions liées au maintien de la sécurité régionale constituent les priorités de la politique extérieure de l’Ouzbékistan. La sécurité est en effet le fondement de tout son développement. Aujourd’hui, aucun pays n’est à l’abri de l’influence des menaces et des défis globaux. Une grande inquiétude procède de l’insécurité croissante et de l’instabilité dans la région, du fait de l’accentuation des contradictions qui existent en Afghanistan, de la radicalisation de la situation et de l’activisme des groupes terroristes.

L’Ouzbékistan, avant beaucoup d’autres pays, a condamné la nature destructrice du terrorisme international et de l’extrémisme religieux. En 1993, à la 48e session de l’Assemblée générale de l’ONU, le président de la République d’Ouzbékistan, Islam Karimov, a appelé à l’union des efforts de tous pour lutter contre cette menace globale. Il a mis en exergue la nécessité de régler le problème afghan avec le soutien de la communauté internationale. Il est vrai que cette situation a éveillé l’inquiétude dans beaucoup de pays du monde, tout particulièrement dans les États voisins de l’Afghanistan. L’escalade de cette tension influence bien évidemment directement la sécurité régionale et globale.


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Son Excellence monsieur Bakhromjon Aloev,
ambassadeur d’Ouzbékistan en France

 


Les relations entre la France et l’Afghanistan

En moins de dix ans, entre 2001 et 2010, les relations entre la France et l’Afghanistan sont redevenues normales, et surtout substantielles et pluridimensionnelles, après une longue période de vingt-cinq ans de rupture, correspondant à celle de l’occupation soviétique et de la guerre civile. Tout commence par la discrète visite du commandant Massoud au Parlement européen, alors que les talibans et leurs protecteurs viennent de procéder à la destruction des fameux bouddhas de Bamiyan. Ce qu’annonce le commandant à cette occasion à Bruxelles et Strasbourg passe inaperçu sur le moment, mais devient prophétique par la suite, avec son propre assassinat du 9 et les événements du 11 septembre 2001 : leurs prochaines actions spectaculaires probables contre les intérêts des Occidentaux.

La suite de ces événements est d’abord et avant tout la résurrection de l’Afghanistan sur la scène internationale, avec l’action décisive de la coalition dirigée par les États-Unis contre le régime des talibans et l’intervention militaire et civile – progressivement massive – des Nations unies et de la communauté internationale en Afghanistan. Aujourd’hui, l’ISAF (Force d’assistance à la sécurité en Afghanistan) et l’OTAN, ainsi que l’opération Liberté immuable sont bien présentes, avec 42 pays alliés pour ces opérations.


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Zalmaï Haquani


Entretien avec Serge Sur À propos de son dernier livre : Un monde en miettes

Géostratégiques : Votre dernier ouvrage, Un monde en miettes, est essentiellement nourri des « Ouvertures » de dossiers de la revue Questions internationales (La Documentation française), que vous dirigez depuis sa création. Pouvez-vous évoquer l’histoire des origines de cette revue et ses particularités ?

Serge Sur : La revue Questions internationales est née en 1983 à la suite d’une année de réflexion. La DF éditait des revues comme Amérique latine, Afrique, Courrier des pays de l’Est, spécialisées par grandes régions du monde. Mais la structure de publication était devenue ancienne et avait vieilli. Il a été procédé à une séparation, avec une nouvelle présentation : celle d’une revue généraliste bimestrielle ayant pour titre Questions internationales, laquelle serait non spécialisée par région ou par thème mais constituée d’un dossier principal et de rubriques récurrentes, « Regards sur le monde » et « Problèmes… », ainsi que « Documents de référence », et d’une rubrique plus libre (cinéma, portrait, littérature, histoire, etc.), plus ouverte, qui change à chaque numéro. Après avoir débuté au premier numéro sur le thème des Proche- et Moyen-Orient, au mois de mars 2010, nous abordons le 42e numéro, dont le dossier est consacré à l’art d’une façon très originale.



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Serge SUR

 

 
 

Le vingt-troisième système sociostratégique de l’Occident

PROJECTIONS INTRACONTINENTALES

Depuis la guerre américano-islamiste (1979…)

Un système sociostratégique définit l’entrecroisement de trois éléments principaux : un équilibre (non sans oscillations) géopolitique ; un « art » de la guerre intégrant des formes de violence diversifiées, militaires et non militaires ; un volume social, c’est-à-dire les milieux, les institutions en lesquels se poursuit la lutte : la négation de l’adversaire ou l’admission du partenaire. Un système sociostratégique a donc une durée plus longue (plusieurs décennies à plusieurs siècles : les phases macrostratégiques) que celle des guerres et des conflits historiographiquement définis. Il peut être remplacé par un autre au cours d’un même conflit. Enfin, plusieurs systèmes peuvent coexister et même s’imbriquer les uns dans les autres.

Paru en 1990, chez Economica, Métastratégie, dans sa première partie, analysait les systèmes stratégiques occidentaux internes et extracontinentaux, de la guerre féodale à la dissuasion nucléaire. Les études parues dans les numéros 20 et 22 de Géostratégiques ont analysé les trois systèmes intervenus entre la chute de Rome et la guerre féodale. L’étude parue dans le numéro 26 de Géostratégiques actualise l’analyse des six systèmes qui étaient en 1990 et demeurent en fonctionnement. La présente étude (numéro 27 de Géostratégiques) présente un vingt-troisième système, apparu depuis 1990.




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Jean-Paul CHARNAY

 

 
 

 

 
 

PARUTION / PUBLICATION

THE THREE IRANIAN ISLANDS OF THE PERSIAN GULF
Based on documents and historical evidences

Focusing on the historical documents on the Persian Gulf, the Three Iranian Islands in the Persian Gulf argue that question of these three Islands must be analysed on a historical perspective. From 1907, Iran’s Central Government insisted on its sovereignty over the three Islands. When Britain announced its withdrawal from the east of Suez and the Persian Gulf region in 1971, thereby terminating its agreements and connections with the sheikhdoms of the Persian Gulf, Iran seized the opportunity to initiate talks with Britain to regain sovereignty of the three Islands after 80 years. The Persian Gulf Arab states still tend to cling to the indefensible quarrel over the three Iranian islands by inclining towards foreign powers even as far as inviting them into the region. However, they express their fear of Persian domination. As a historical fact, Iran never attempted to invade or attack any of its neighbours over the past three hundred years. Through an exploration of the dynamics of negotiation and Nation-state bulding in the Persian Gulf, this illuminating book sets out to uncover the true significance of the historical issues at stake.

A book of 283 pages with 112 maps (historical cartography) Published by: INSTITUT INTERNATIONAL D’ETUDES STRATEGIQUES WITH THE COLLABORATION OF THE PERSIAN GULF STUDIES INSTITUTE ( P.G.S.I.)

Prix : 30 Euros