Académie de Géopolitique de Paris
ISSN 1963-0867X

Est déclarée auprès du rectorat de Paris, Établissement privé d’enseignement supérieur, régi par
la loi (Art. L.731-2, L.731-3 et L.731-4 du code de l’Éducation), et conformément à l’article L 613-1,
elle est habilitée à décerner les diplômes d’enseignement suivants : le Diplôme de 3ème cycle en
Études Géopolitiques et Géostratégiques ainsi que le Diplôme académique supérieur en Études
Géopolitiques et Géostratégiques (Ph.D). Pour plus d’informations, veuillez consulter
www.strategicsinternational.fr 

Ecole Supérieure de Géopolitique de Paris

Institut International d’Etudes Stratégiques
Etablissement Privé d'Enseignement Supérieur
88, Rue des Entrepreneurs, 75015 Paris
Tél. : 01.48.20.14.89 - Fax : 01.48.20.82.63
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strategique@orange.fr

Date de publication 
Juilleti  2009

Le Conseil d’Administration:

Ali Rastbeen : Président

Recteur Gérard-François Dumont : Vice-Président

Christophe Réveillard : Secrétaire Général

André Pertuzio : Administrateur, Trésorier 

Géostratégiques

CONSEIL SCIENTIFIQUE :

Jean-Paul BLED
Université Paris IV Sorbonne

Jean-Paul CHARNAY
Directeur de Recherches au CNRS et président à la Sorbon
ne
Centre de la philosophie de la stratégie

Thierry COVILLE
chercheur associé au CNRS, Département Monde Iranien

Recteur Jean-Pierre DOUMENGE
CNRS – Université de Montpellier


François-Georges DREYFUS
université de Paris iV sorbonne

Recteur Gérard-François DUMONT
Université Paris-IV Sorbonne

Hall GARDNER
Université américaine de Paris

Fereydoun A. KHAVAND
Université Paris-V

Yves LACOSTE
Université Paris VIII

le Général (cr) Henri PARIS,
Président de DÉMOCRATIES

COMITÉ DE RÉDACTION :

Christophe RÉVEILLARD
Université Paris IV Sorbonne - Collège interarmées de Défense

Roger TEBIB
Centre d’études de Défense et de Sécurité civile

Mohamed TROUDI
Chercheur à l’Université Paris XII – Val de Marne


CARTOGRAPHIE


Philippe TORRES
Professeur de relations internationales 

CORRESPONDANTS ETRANGERS

Khaled BATARFI
Journaliste –Ecrivain
Djedda –Arabie Saoudite

Abdelhamid BESSAA
Enseignant – Chercheur en Relations Internationales
Institut des Sciences Politiques et des Relations Internationales
Université d’Alger – Algérie

Pieter FOURIE
Enseignant –Chercheur en Etudes Politiques et de Gouvernance
Université de Johannesburg - Johannesburg - Afrique du Sud

Houshang Hassan-Yari
Professeur et Directeur du département
des Sciences Politique et Economique
Collège Royal du Canada - Ontario - Canada

Rasheed KHALID
Professeur de Relations Internationales et d’Etudes Stratégiques
Université Quaid-i-Azam - Islamabad - Pakistan

Ahmed Naghibzadeh
Professeur de Sciences Politiques
Université de Téhéran - Téhéran -Iran

Nathalie OUVAROFF
Journaliste- Reporter
Moscou - Russie

Oliver SCHULZ
Chercheur en Histoire contemporaine
Université de Heinrich Heine - Düsseldorf -Allemagne

DIRECTEUR TECHNIQUE :

M. FERDOSI

RELATION PUBLIQUE : 
Yacine Hichem TEKFA


DIRECTEUR DE PUBLICATION :
Ali RASTBEEN

 


Géostratégiques N° 24

Prix : 20 Euros 

La Géostratégie de la Russie 

La Russie et La nouveLLe stratégie de Obama

Le monde impatient a finalement connu, au cours de la première semaine du mois d’avril, l’alignement politique du président Obama dans les différents domaines économiques, politiques et militaires. M. Obama porte le lourd fardeau de l’héritage laissé pendant les vingt années du pouvoir des néo-conservateurs dans l’économie américaine et mondiale comme dans la politique nationale et étrangère de son pays. Il a tenté du 1er au 5 avril, à Londres, Strasbourg, Baden-Baden et Prague de rassurer les alliés politiques, militaires et économiques des Etats-Unis, méfiants après les événements qui s’étaient déroulés durant les huit dernières années
du règne des néo-conservateurs à la Maison Blanche. Dans ce show, Obama a montré qu’il possédait les capacités d’un homme exceptionnel. Cependant, sa réponse propice aux attentes internationales est une autre paire de manche.

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Ali RASTBEEN

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Geostrategiques
Mai 2009 - N° 23

Les enjeux géostratégiques entre les États-Unis et l’Iran 

Geostrategiques
Janvier 2009 - N° 22

le géostrategie des crises au  "Grand Moyen Orient" 

Geostrategiques
November 2008 - N° 21
Quelle Union pour la Méditerranée?

Geostrategiques
Juillet 2008 - N° 20

Les Crises en Europe

Geostrategiques
Avril 2008 - N° 19
L'avenir géostratégique de la puissance indienne

Geostrategiques
Dectembre 2007 - N° 18
La crise iranienne : 
mythe ou réalité?

Geostrategiques
Septembre 2007 - N° 17
La Chine

Geostrategiques
Avril 2007 - N° 16
Les O.N.G.

Geostrategiques
Janvier 2007 - N° 15
L'Europe et les crises au Moyen-Orient

Geostrategiques
15 novembre 2006 - N°14

Quels avenirs pour l'ONU?

Geostrategiques
Juillet 2006 - N°13
La Géosociologie de L'Asie occidentale

Geostrategiques
Avril 2006 - N°12

Asie centrale du sud

Geostrategiques
Février 2006 - N°11

Amérique Latine

Geostrategiques
Février 2006 - N° 10

IRAN

Geostrategiques
Octobre 2005 - N° 9

MOYEN-ORIENT

Geostrategiques 
Juillet 2005 - N°8

la Politique des Etats de l’Europe et de la Russie au Moyen-Orient

Geostrategiques 
Avril 2005 - N°7

IRAK


Plaidoyer pour une géopolitique de terrain :
le cas de la géopolitique de la Russie vue de ses périphéries

Tout l’art de la géographie consiste à enrichir la connaissance en recoupant des analyses aux diverses échelles possibles. De même, la géopolitique d’un pays peut mieux s’apprécier en l’examinant à partir de territoires variés. Certes, elle est le plus fréquemment considérée à partir de son centre névralgique. Pourtant, elle peut et doit aussi s’enrichir de l’examen du poids de ses différents territoires, de l’étude
de sa composition humaine, de la prise en compte du rôle de ses diasporas1…

L’approche proposée ici est double. D’une part, elle cherche à mieux comprendre les paramètres de la géopolitique d’un pays, ici la Russie, à partir des États se trouvant à sa périphérie. Certes, une telle approche est géographiquement vaste, puisque quatorze pays ont aujourd’hui des frontières terrestres avec la Russie, de la Corée du
Nord à la Norvège, en passant par des États asiatiques, deux États du Sud-Caucase et plusieurs États européens. À ces États s’ajoutent ceux avec lesquels la Russie partage un même espace maritime : le Pacifique avec les États-Unis et le Japon, la mer Noire avec notamment la Bulgarie. Il convient, en outre, d’ajouter des États qui se sont trouvés pendant une durée significative sous la souveraineté de Moscou, comme l’Arménie. Aussi, compte tenu du nombre élevé d’États périphériques de la Russie, prétendre à l’exhaustivité serait présomptueux et nous ne traiterons ici que de certains
d’entre eux.

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  le Recteur Gérard-François Dumont


Retour sur la présidence Eltsine Les débuts de la nouvelle diplomatie russe

Le 28 février 1993, Boris Eltsine évoque, devant les députés de l’Union civique - une coalition de partis centristes, un groupe-charnière dont l’appui lui est, alors, indispensable dans le combat parlementaire — le rôle de la Fédération de Russie comme « gendarme régional » dans l’ancien espace soviétique : « Le moment
est venu pour que des organisations internationales responsables, y compris l’ONU, confèrent à la Russie des pouvoirs spéciaux en tant que garante de la paix et de la sécurité dans la région de l’ancienne Union (soviétique).» Le président russe insiste: «La pratique montre que personne, à l’exception de la Russie, n’est prêt à supporter le fardeau du maintien de la paix dans l’espace de l’ex-URSS. »
II déplore : « Le recours aux forces russes suscite cependant, jusqu’à présent, des craintes dans certains pays. » Le 3 mars 1993, le gouvernement russe fait tenir aux Nations Unies une note sur « les nouvelles réalités géopolitiques (de l’ex-URSS) », qui décrit l’émergence d’une « nouvelle génération de conflits », caractérisée par le « nationalisme agressif» et des contradictions entre souveraineté étatique et droit à l’autodétermination. En décembre 1993, le ministre des Affaires étrangères Andreï Kozyrev présente la position russe à ses collègues des États membres de la csce,
qui lui opposent une sécurité collective centralisée aux mains « de l’ONU et de son Conseil de sécurité » : « II n’appartient pas à tel ou tel pays de dire le droit international ou de décider le maintien de la paix. » Le 28 janvier 1994, lors de sa rencontre avec Jiang Zemin, secrétaire général du Para communiste chinois, le chef de la diplomatie russe se veut plus incisif : « Ce que l’Occident dit sur le «néo-impérialisme » russe est destiné à détourner les gens d’un problème réel qui est le suivant : comment la Russie et les membres de la Communauté des États indépendants peuvent maintenir la stabilité. »

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Charles ZORGBIBE


La stratégie de la renaissance. Retour sur certaines évolutions de la situation géostratégique Russe

Lorsque l’on observe les évolutions récentes de la situation géostratégique de la Russie, on est frappé du renversement d’ensemble dans lequel subsistent évidemment des exceptions.

Au niveau international, la plus grande organisation géopolitique à l’échelle mondiale est l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS)1, fondée le 26 avril 2001 afin de faire barrage à l’hégémonisme américain symbolisé un temps par les « révolutions de couleurs »2. L’obtention du statut d’observateur à l’Assemblée générale de l’ONU, en décembre 2004, a permis à d’affirmer son rôle « dans l’approfondissement des processus d’intégration, de coopération et de sécurité dans l’espace CEI et dans la grande région qui s’étend de la Baltique à l’Océan Pacifique »3. L’OCS à tenu à Ekaterinbourg les 15 et 16 juin derniers, sa dernière réunion des chefs des Etats membres de l’OCS dont font partie la Russie, la Chine, le Kazakhstan, le Kirghizstan, l’Ouzbékistan et le Tadjikistan et dont la Mongolie, le Pakistan, l’Iran et l’Inde ont le statut d’observateur. Or, c’est à cette réunion que l’Organisation de Shangaï a, pour la première fois aussi précisément, évoqué le projet d’une monnaie commune de règlement au sein de la zone couverte par l’organisation. Dans le cadre des solutions structurelles à opposer à la crise financière et économique mondiale, les pays dit « BRIC » (Brésil, Russie, Inde, Chine), réunis en marge du sommet OCS, ont également évoqué l’idée de ne plus laisser au seul dollar le statut de monnaie de réserve internationale et d’hégémonie en termes
d’échange (plus de 50 % toujours à l’heure actuelle), surtout en raison de la dégradation vertigineuse des comptes américains (les twins deficits, la chute du crédit, un budget fédéral intenable) et l’émergence d’une multipolarité économique.

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Christophe Réveillard


la russie énergétique

Si André Siegfried disait en 1900 « L’ Angleterre est un bloc de charbon », on peut dire à juste titre aujourd’hui que la Russie est un bloc d’énergies fossiles. Ce pays est un véritable continent qui recèle des ressources énergétiques en très grandes quantités, déjà exploitées ou exploitables dans l’avenir. Elle est aussi la seule grande puissance industrielle à être totalement autosuffisante en énergie et, comme elle est un grand exportateur, elle joue un rôle majeur dans l’approvisionnement pétrolier et gazier de nombreux pays industrialisés, principalement en Europe et présente, en
conséquence, une évidente dimension géostratégique.

Le Panorama énergétique

L’énergie n’est peut-être pas la vie mais elle est indispensable à l’homme et lui est, en quelque sorte, consubstantielle. Un pays ne se développe qu’en consommant de l’énergie et c’est cette consommation même qui indique son niveau de développement.

Aujourd’hui, le monde consomme annuellement environ 11 milliards de tep (tonne d’une matière énergétique produisant la même quantité de calories qu’une tonne de pétrole, ainsi une tonne de charbon est en moyenne de 0,66 tep et 1 000m3 de gaz naturel représentent 0,9 tep), ce total se décomposant approximativement en 38% de pétrole, 26% de charbon et 24% de gaz naturel, soit 88% d’énergies fossiles complétées par 12% d’électricité primaire de source hydraulique ou nucléaire.


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André PERTUZIO




La Russie et l’OTAN

L’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord, l’OTAN, est issue du
traité d’alliance ou pacte de l’Atlantique Nord, signé à Washington le 4 avril 1949. L’Otan n’a cessé de s’élargir. A l’origine, elle comptait 12 Etats fondateurs, pour 26, dont 21 européens, à son soixantième anniversaire.

La genèse du traité de Washington tient à la naissance de la guerre froide, opposant les Occidentaux à l’URSS et à ses alliés. Ces alliés, qu’a regroupés l’URSS par des traités bilatéraux très contraignants, ont été chapeautés de plus par le pacte de Varsovie, rédigé, lui, sur le modèle du traité de Washington, donc nettement moins contraignant que les traités bilatéraux restés en vigueur jusqu’à la chute de l’Union soviétique.

En effet, l’article 5 du traité de Washington institue une assistance mutuelle des Etats-membres. Ainsi, les parties prenantes au traité se doivent d’intervenir au profit de la partie attaquée, mais chaque partie a la liberté de faire jouer une réserve, car elle engage « aussitôt, individuellement et d’accord avec les autres parties, telle action qu’elle jugera nécessaire, y compris l’emploi de la force armée, pour rétablir et assurer la sécurité dans la région de l’Atlantique Nord ». Il n’y a donc pas d’automaticité de l’engagement militaire, puisque la décision du mode d’action appartient exclusivement à chaque partie. En d’autres termes, d’une manière certes quelque peu caricaturale, une partie peut juger loisible de se limiter à une simple protestation, en cas d’attaque de son alliée, voire à l’envoi de condoléances émues.

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Général (cr) Henri PARIS

 


La Russie, obstacle majeur sur la route de « l’Amérique-monde »

Alors que les Etats-Unis tentent, depuis le 11 septembre 2001, d’accélérer leur projet de transformation du monde à l’image de la société démocratique et libérale rêvée par leurs pères fondateurs, les civilisations non occidentales se dressent sur leur chemin et affirment leur volonté de puissance.

La Russie, en particulier constitue un obstacle géopolitique majeur pour Washington. Elle entend défendre son espace d’influence et montrer au monde qu’elle est incontournable sur le plan énergétique.

L’un des auteurs classiques de la géopolitique, Halford J. Mackinder (1861-1947), un amiral britannique, qui professa la géographie à Oxford, défendait comme thèse centrale que les grandes dynamiques géopolitiques de la planète s’articulaient autour d’un coeur du monde (heartland), l’Eurasie. Pivot de la politique mondiale que la puissance maritime ne parvenait pas à atteindre, l’Eurasie avait pour coeur intime la Russie, un Empire qui « occupait dans l’ensemble du monde la position stratégique centrale qu’occupe l’Allemagne en Europe ».

Autour de cet épicentre des secousses géopolitiques mondiales, protégé par une ceinture faite d’obstacles naturels (vide sibérien, Himalaya, désert de Gobi, Tibet) que Mackinder appelle le croissant intérieur, s’étendent les rivages du continent eurasiatique : Europe de l’Ouest, Moyen-Orient, Asie du Sud et de l’Est.

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Aymeric Chauprade



La crise dans les relations OTAN -Russie :
Vers un nouveau système de sécurité Européenne

L’OTAN et la Russie

Ce n’est que récemment que les pronostics les plus alarmants des stratèges américains spécialistes de la mondialisation, George Kennan et Paul Nitze, entre autres, qui prédisaient en 1997 que l’élargissement de l’OTAN représenterait « une erreur politique historique », ont commencé à paraître vrais.1 Le débat concernant
l’expansion de l’OTAN avait traumatisé l’administration Clinton. Néanmoins, la première vague d’élargissement avait eu lieu entre 1997 et 1999. Elle avait alors été suivie par une seconde vague durant la première moitié du mandat de George Bush de 2002 à 2004. L’opposition russe à l’élargissement de l’OTAN sous l’administration Eltsine avait été en grande partie ignorée ou banalisée par Washington, alors que Moscou avait commencé à réagir beaucoup plus fortement tant à l’expansion militaire des Etats-Unis qu’à l’élargissement de l’OTAN, pendant les mandats de Vladimir Poutine et de Dimitri Medvedev.


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Hall GARDNER


Un parfum de guerre froide en Amérique latine : 
l’arrivée de la Russie dans le « pré carré » des États-Unis

Un rapprochement entre l’Amérique latine et la Russie s’est opéré ces derniers mois dans un contexte de tensions américano-russes (bouclier antimissile ; crise géorgienne). Les Russes paraissent ainsi vouloir s’implanter dans le « pré carré » traditionnel américain en réponse à l’immixtion des Etats-Unis dans les affaires caucasiennes.

Le président vénézuélien, Hugo Chavez, tire habilement profit de cette confrontation pour promouvoir « l’anti-impérialisme » et renforcer sa position au niveau régional.

Plusieurs événements sans liens directs ont contribué à élever la tension en Amérique du sud, dans le contexte plus large de la confrontation diplomatique entre les Etats-Unis et la Russie : la crise en Bolivie et le déploiement d’unités militaires russes au Venezuela.

Il est intéressant de constater que la Bolivie a été confrontée comme la Géorgie à des revendications sécessionnistes et que parallèlement : - dans le Caucase, les Américains plaident pour le respect de l’intégrité territoriale en opposition aux Russes qui soutiennent les sécessionnistes ossètes et abkhazes ;

- alors qu’en Amérique du Sud, les Américains semblent soutenir les provinces en rupture de ban tandis que les Russes, en s’affichant aux côtés du Venezuela, se rangent du côté des défendeurs de l’intégrité territoriale.

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Bruno MUXAGATO


L’Orthodoxie et la Russie

Depuis 998, date du baptême du Grand Prince de Kiev, l’orthodoxie
joue dans la vie du monde russe un rôle fondamental. On le sait : l’église orthodoxe est issue du catholicisme byzantin qui a rompu avec Rome en 1054 – l’orthodoxie russe si elle est pleinement orthodoxe, est une église autonome, autocéphale comme disent les théologiens, depuis 1453, date de la prise de Constantinople par
les Ottomans.

Théologiquement l’Eglise orthodoxe a les mêmes fondements que les autres églises chrétiennes – elle est attachée à l’exaltation de la personne même du Christ, à la Trinité : elle est fidèle au Credo Nicée et estime que « le Saint Esprit … procède du Père », rejetant le Filioque instauré par l’Eglise romaine (867). Elle fait une grande place à la Vierge, mère de Dieu, qui s’enracine dans le sol russe intégrant
la tradition païenne de la Déesse-terre. Elle proclame une ecclésiologie de communion « l’Eglise locale autour de son évêque n’est pas le fragment d’une Eglise universelle mais la manifestation d’une Eglise une et sainte en un lieu donné » (Gr. Palamas, 1360).

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François G. DREYFUS


Les politiques islamiques de l’URSS et de la Russie

La puissance soviétique s’est toujours heurtée au problème religieux sur son territoire et en divers points du monde dont, en particulier, les régions turcophones.

Un cinquième environ des ressortissants russes adhère à l’islam. Une partie de ces musulmans habite le “Turkestan”, terme qui fut banni par les communistes car il évoque, pour eux, le “panturkisme”, c’est-à-dire la solidarité des peuples de ces régions avec ceux du Caucase (Azeri), de l’Iran, de l’Afghanistan et de l’Anatolie.

Entre plusieurs maux, les dirigeants du Kremlin avaient choisi l’idéologie la moins dangereuse pour eux, l’arabisme.

Une évolution contrastée

Depuis les purges staliniennes de 1937, l’orientalisme soviétique était pourtant en crise. Mais dès la signature du pacte de Bagdad en 1955 – par lequel les Britanniques voulaient barrer la route au communisme – les spécialistes russes commencèrent à s’intéresser aux problèmes de l’islam sur leur territoire.

Le premier numéro de la revue Sovietskoye Vostokovedenie, organe de l’Institut des études orientales près de l’Académie des sciences de l’URSS, paraît en avril 1955 (le traité turko-irakien de Bagdad date de février) après dix-huit ans de silence !

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Roger TEBIB


Les relations irano-russes : vers une alliance contre l’influence américaine Approche historique

Les relations entre la Russie et l’Iran (Perse) ont officiellement
commencé sous le règne des souverains Safavides en 1592. L’Iran était à cette époque l’enjeu de convoitises et suscitait l’appétit des différentes puissances du moment. Elles sont devenues vraiment consistantes lorsque l’Empire Safavide (1) affaibli, fit place à la dynastie Qajar ou Kadjars (2), qui dut rapidement s’employer à gérer la tourmente interne, alors que des puissances coloniales rivales cherchaient immédiatement à s’implanter de manière durable dans la région. Les Portugais, les Britanniques, les Hollandais rivalisaient dans le sud et sud-est de la Perse, dans le golfe Persique, alors
que la Russie n’avait aucun rival au nord et pouvait fondre plus au sud pour établir sa domination sur les territoires du nord de la Perse.

Miné par des querelles politiques internes, le gouvernement qajaride s’est trouvé dans l’incapacité de faire face au défi d’affronter et même de repérer la menace au nord que représentait la Russie. La cour royale affaiblie et en faillite sous Fath Ali Shah fut forcée de signer le célèbre Traité de Golestân en 1813, suivi par celui du
Turkmanchai en 1928. Au cours de deux guerres contre la Perse, la Russie impériale continua sa percée au sud faisant perdre à la Perse son ancrage traditionnel en Asie centrale, grâce à sa puissance militaire. Les armées russes occupèrent la côte d’Aral en 1849, Tachkent en 1864, Boukhara en 1867, Samarcande en 1868, Khiva et
Amudarya en 1873. Le traité d’Akhal devait achever le dépeçage de la Perse en faveur de la Russie. Celle-ci, en effet, redoutait l’avancée britannique dans le contexte du Grand jeu qui convoitait la Perse et l’Asie centrale pour consolider ses positions aux Indes britanniques.

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Mohamed Fadhel TROUDI


Damas et Téhéran : une alliance de trente ans renforcée et indéfectible ?

Au moment où la révolution iranienne célèbre son trentième anniversaire, il n’est pas inintéressant de s’interroger sur une de ses réussites les plus notables, d’un point de vue stratégique : la solidité de son alliance1 avec la Syrie à laquelle tout ou presque semble l’opposer au départ. Si de nombreuses publications traitent des deux autres enjeux décisifs et très médiatisés à propos de l’Iran (le « croissant chiite » et la bombe atomique), celui relatif à l’axe Damas-Téhéran a suscité moins d’analyses à ce jour2. Pourtant, des trois, c’est ce dernier qui est aujourd’hui le plus abouti, le plus conceptualisé, le moins hypothétique et qui à ce titre mérite une évaluation objective et non fantasmée à l’instar des autres questions
clef évoquées juste avant. Rappelons préalablement que cette alliance politique est unique en son genre dans la région par sa durée, car s’il existe d’autres pays proche ou moyen-orientaux ayant noué des partenariats privilégiés de longue date, à l’instar d’Israël ou de l’Arabie Saoudite, tous deux avec Washington, ils ne concernent
pas deux Etats de la région entre eux. A cet effet, nous rappellerons dans un premier temps la naissance de cette alliance et sa consolidation, puis sa montée en puissance et ses perspectives futures.


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Pierre Berthelot


Union européenne & Fédération de Russie Des relations ambiguës ou des rapports à risque ?

L’Europe, géant économique et nain politique, ne parle pas d’une
seule voix – et c’est le moins que l’on puisse dire – surtout lorsqu’il s’agit d’envisager selon quelles voies construire un partenariat, éventuellement stratégique, avec ce grand voisin qu’est la Russie.

Il n’est cependant pas ici envisageable de traiter de façon exhaustive la question des relations UE/Russie eu égards à sa complexité, à sa constante mobilité et en raison des multiples interactions qui entrent en jeu. Interactions en particulier avec ce qu’il convient de nommer la grande stratégie américaine en oeuvre au sud de l’espace Russe dans de ce Rimland qui court des colonnes d’Hercule, de l’Atlantique
donc, à l’Asie centrale via le Levant et incluant en outre les Balkans, l’Asie mineure et le Caucase…

Des interférences également liées à la gestion du dossier iranien, aux crises de Géorgie et d’Ukraine, au conflit afghan et à ses débordements sur le sol pakistanais, tout cela sur fond d’âpre concurrence pour le contrôle des sources d’énergies fossiles
et pour les zones de passage ou d’accès autrement nommées couloirs de transit énergétique… voies d’acheminement d’une valeur géostratégique équivalente à celle des gisements eux-mêmes. Tels sont d’ailleurs les véritables enjeux de l’actuelle guerre afghano-pakistanaise aux abords immédiats de la zone d’influence de la Fédération de Russie. Un conflit dans lequel l’Union européenne se trouve profondément engagée aux côtés de son allié d’Outre-Atlantique et qui depuis 2004 prend de plus en plus mauvaise tournure.


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Jean-Michel VERNOCHET


 

Un hommage à la géopolitique,

par Gérard LARCHER, Président du Sénat

 

 

 


PARUTION / PUBLICATION

THE THREE IRANIAN ISLANDS OF THE PERSIAN GULF
Based on documents and historical evidences

Focusing on the historical documents on the Persian Gulf, the Three Iranian Islands in the Persian Gulf argue that question of these three Islands must be analysed on a historical perspective. From 1907, Iran’s Central Government insisted on its sovereignty over the three Islands. When Britain announced its withdrawal from the east of Suez and the Persian Gulf region in 1971, thereby terminating its agreements and connections with the sheikhdoms of the Persian Gulf, Iran seized the opportunity to initiate talks with Britain to regain sovereignty of the three Islands after 80 years. The Persian Gulf Arab states still tend to cling to the indefensible quarrel over the three Iranian islands by inclining towards foreign powers even as far as inviting them into the region. However, they express their fear of Persian domination. As a historical fact, Iran never attempted to invade or attack any of its neighbours over the past three hundred years. Through an exploration of the dynamics of negotiation and Nation-state bulding in the Persian Gulf, this illuminating book sets out to uncover the true significance of the historical issues at stake.

A book of 283 pages with 112 maps (historical cartography) Published by: INSTITUT INTERNATIONAL D’ETUDES STRATEGIQUES WITH THE COLLABORATION OF THE PERSIAN GULF STUDIES INSTITUTE ( P.G.S.I.)

Prix : 30 Euros